Les explications de Benjamin et Mattéo.

, par Monsieur Prevel

Des activités culturelles telles que les sorties à l’opéra ou au théâtre sont souvent
placées à un “niveau” culturel supérieur. D’où vient cette hiérarchie ? Pourquoi une sortie
au cinéma aurait-elle moins de valeur qu’une sortie au théâtre ? Et d’où viennent ces
différences ?

Tout d’abord, rappelons ce qu’est une pratique culturelle. Il s’agit d’une pratique
qui requiert de la culture, des manières de faire et de penser propres à un groupe
d’individus. Par exemple, la musique (écoute ou pratique d’un instrument), ou encore les
arts vivants (comme le théâtre ou l’opéra) sont des pratiques culturelles. Pour apprécier
un opéra, il faut avoir des connaissances dans les manières à suivre ou dans la musique.

Il existe une hiérarchie de ces activités :

● Les pratiques culturelles supérieures (théâtre, opéra) sont réservées aux classes
supérieures. Elles sont valorisées dans la société et considérées comme ayant
plus de prestige que les autres. On parle de culture savante, portées par les élites
intellectuelles.
● Les pratiques culturelles populaires (télévision, jeux vidéos) appartiennent aux
classes les plus favorisées.

Bien que subjectifs, les goûts des individus sont généralement déterminés
L’appartenance à telle ou telle classe sociale est déterminée par la naissance. En
effet, une éducation dans une famille de la catégorie supérieure véhiculera d’autres valeurs
ou manières : les sports tels que l’escrime ou le golf favorisent la compétition et la
progression personnelle, tandis que le foot ou le rugby sont des disciplines qui mettent
en avant la solidarité et l’entraide. L’enfant apprend d’autre manières de parler, de
manger ou bien de passer le temps. C’est la socialisation différenciée.
Les enfants sont aussi sujets à la socialisation par imitation, où les enfants
veulent ressembler à leur parents, en adoptant les même pratiques culturelles.
C’est cette différence d’éducation, à la maison et à l’école, avec les niveaux de
diplôme, qui fait que, adultes, les individus privilégieront les activités culturelles
associées à leurs pairs. De plus, le sentiment d’appartenance à un groupe renforce cette
distinction. On préfèrera faire une sortie entourée de personne d’une classe sociale
similaire, pour être plus à l’aise.
L’effet de distinction joue aussi beaucoup : afin de se démarquer de la classe
populaire, la classe supérieure reste souvent fermée sur elle-même. Sans aller jusqu’à
l’exclusion, ce comportement entraîne une sorte de ségrégation sociale.
L’effet d’imitation peut avoir un rôle à jouer aussi : un individu issu de la classe
moyenne mais accédant à un niveau de richesse supérieure par son travail va imiter la
classe supérieure, pour s’y intégrer. Cela peut aussi s’appliquer lorsqu’un individu
cherche à intégrer un groupe : on parle alors d’intégration sociale.

On remarque par exemple que quelque soit le domaine, les pratiques culturelles
d’un cadre sont plus intenses que celle d’un ouvrier.
Pour donner quelque chiffres, on s’aperçoit que plus de 50% des cadres ont lu
plus de 10 livres en 1 ans, contre 17% des ouvriers.
Paradoxalement, on remarque que si les ouvriers sont en moyenne mieux payés
que les employés (1464€ contre 1393€), ils lisent moins de livre (17% contre 27%). Les
activitées culturelles ne sont donc pas déterminées par le niveau de revenu mais aussi et
surtout par le niveau de culture. Autre exemple, alors que 31% des cadres ont assisté à un concert de musique classique en une année, seul 3% des agriculteurs et 1% des ouvriers l’ont fait.

Pour finir sur une citation de Bourdieu, car il est toujours bon de citer l’expert en
sociologie et en entre-soi dans un devoir de SES : “La principale fonction de l’art est
d’ordre social. La pratique culturelle sert à différencier les classes et les fractions de
classe, à justifier la domination des unes par les autres”.