Les ouvrages et les résumés des élèves

, par Frédéric Prevel

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Le Féminisme est un roman graphique écrit par Anne-Charlotte Husson puis dessiné et colorié par Thomas Mathieu. Ce livre a été édité par Le Lombard en 2016 dans la collection La petite bédéthèque des savoirs, où il porte le numéro 11. Il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation visant à expliquer l’histoire et les concepts du féminisme.

Ce livre analyse le féminisme par sept slogans et citations célèbres qui constituent autant de chapitres. Tout d’abord le livre commence par une définition du féminisme. Il y est expliqué qu’il existe une dévalorisation sociale, politique, économique et symbolique des femmes. C’est un constat qui est fait.

Le premier slogan est la citation « La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » d’Olympe de Gouges dans la Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne, article X.

Le deuxième se nomme « Le privé est politique », ce chapitre évoque un viol et ce qu’a engendré ce viol : tomber enceinte alors que l’avortement est un crime depuis 1920.

Le troisième évoque une deuxième citation mais cette fois-ci, c’est une situation de Simone de Beauvoir « On ne naît pas femme, on le devient » dans Le deuxième sexe.

Le quatrième évoque des violences racistes et se nomme « White woman listen ».

Le cinquième est « Nos désirs sont des ordres » qui désigne que les hommes dominent sur les femmes.

Le sixième est une citation de Benoîte Groult « Le féminisme n’a jamais tué personne le machisme tue tous les jours » qui évoque les formes de violences faites aux femmes, y compris les violences sexuelles.

Et pour finir, le dernier slogans se nomme « Ne me libère pas, je m’en charge » qui laisse la paroles à de jeunes féministes afin qu’elles expliquent ce que signifie ce slogan et plus généralement ce que le féminisme représente pour elle.

Ce livre est donc une forme de soutient au féminisme, il dénonce tout acte qui n’est pas accepté par les féministes par des idées politiques, philosophiques et sociales.
Les féministes partagent un but commun qui est de définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. Le féminisme a donc pour objectif d’abolir, dans ces différents domaines, les inégalités homme-femme dont les femmes sont les principales victimes, et ainsi de promouvoir les droits des femmes dans la société civile et dans la vie privée.
Cette bande dessinée retrace à travers des événements et des slogans marquants, les étapes de ce mouvement.

Mon avis :

Je pense que cette bande dessiné est une façon de faire prendre conscience aux gens l’importance de ce mouvement et c’est une excellente forme de le partager.
Ce qui m’a plu c’est que chaque cause est expliquée concrètement en restant dans la réalité. C’est un livre qui est très intéressant et instructif.

Raquel


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La ligue des économistes extraordinaires

Ce livre est une bande dessinée écrite par Benoist Simmart et Vincent Caut et publiée en 2014 par les éditions Dargaud. Benoist Simmart est un économiste et un journaliste et Vincent Caut est un auteur écrivant principalement des bandes dessinées.

Cette bande dessinée nous présente des biographies de tous les grands économistes et de leurs théories sur la science économique mais aussi leurs trouvailles qui sont racontées en bande dessinée. Enfin certains détails de leurs vies sont racontés de façon humoristique.
C’est donc 37 « super-héros de la pensée » qui sont décrits dans ce livre. On y trouve également une description de la naissance de la science économique qui naquit en 1764 par Adam Smith (économiste et philosophe Ecossais) aidé par un physicien française du nom de François Quesnay. Adam Smith est le père le fondateur voire même le « Jésus Christ » de la science économique et le premier grand économiste des Classiques.
En effet, d’après les auteurs, les grands économistes sont repartis en trois groupes :

  • Les Classiques (Smith, Ricardo, Say, Marx, List…)
  • Les Révolutionnaires (Fisher, Keynes, Friedman…)
  • Les Contemporains (Laffter, Becker, Krugman, Tirole…).

A la fin de la bande dessinée se trouve un glossaire contenant des définitions/citations provenant des grands économistes vus auparavant.

Je recommande ce livre car il nous cultive sur les sciences économiques et sue ces principaux acteurs qui ont marqué l‘histoire de la science économique. De plus les auteurs ont ajoute une touche d‘humour en parodiant les théories des économistes.

Maxime D.


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Sous la blouse est un album signé Marion Mousse (illustratrice) à partir d’une enquête sociologique d’Emmanuelle Zolesio (docteure en Sociologie) et publié dans la collection Sociorama aux Editions Agone (avril 2017). L’ouvrage est issu de la thèse de doctorat en Sociologie qu’Emmanuelle Zolesio a soutenue en 2010, intitulée « Chirurgiens au féminin ». Dans l’album étudié (Sous la blouse) l’auteure se focalise sur le même thème, celui des femmes médecins au sein du monde chirurgical essentiellement masculin ; mais son travail représente beaucoup plus que cela. A partir d’une enquête menée au sein des hôpitaux, Emmanuelle Zolesio analyse la socialisation chirurgicale des femmes et tente de comprendre les ressorts de cette socialisation professionnelle. L’auteure montre comment des stéréotypes sur les femmes chirurgiennes persistent, perdurent, malgré le désir de celles-ci de s’imposer au sein de ce milieu machiste, surmontant de multiples obstacles.

Sous la blouse est une immersion originale, concrète, dans un univers professionnel relativement peu étudié par les sociologues, celui de la chirurgie. L’ouvrage d’Emmanuelle Zolesio constitue une incursion dans cet univers, avec les réalités du terrain, ses hiérarchies, ses codes et ses dessous inavoués. L’auteure nous propose une analyse afin de comprendre comment les femmes parviennent à intégrer la sphère chirurgicale réputée misogyne, « parce que c’est comme ça que ça marche », au bloc le patron « préfère toujours être assisté par un homme », « un homme c’est fort, endurant, ça a moins d’états d’âmes, d’humeurs menstruelles ». Mais comment faire quand on est une femme ? La sociologue retrace la trajectoire difficile de femmes faisant carrière au sein de cette sphère. Sous la forme d’une bande dessinée, nous suivons Julie, externe dans un service de chirurgie digestive, à qui l’on dit que « le bizutage, en digestive, est moins sévère, quelques corps étrangers intra-rectaux ou vaginaux ». Par chance, elle bénéficie de très bons résultats au concours ainsi que de la renommée et du réseau de sa mère dans cet hôpital. Et pourtant, la jeune fille dont les dispositions sont constamment dévaluées, obligée de supporter des blagues sexistes, salaces, se met à perdre confiance, à douter : le patron, au bloc, s’adressant à Julie : « Changez-moi d’externe. J’aime bien quand elles pleurent et qu’elles rougissent », « vous l’externe… va falloir se sortir les doigts du rectum ! » ou encore « chirurgienne ? Dommage tu aurais fait une super infirmière Top chou ! ». Blagues douteuses, souvent à caractère sexuel, qui, comme le montre la bande dessinée, traduisent une hiérarchie : seul le chirurgien en chef peu se permettre des blagues au bloc (salaces ou non). Pierre, qui débute son stage en même temps que Julie, est au contraire valorisé et, de ce fait, prend confiance en lui et « se construit une vocation ». Il n’est pas choqué lorsque Julie et lui visitent la salle à manger des externes ; une immense fresque salace est dessinée sur le mur. « Classe, non ? Toute l’histoire du CHU en quelques traits », « Si on assure, nous aussi on en fera partie ! ».
Le deuxième personnage principal est le docteur Florence Marini, l’incarnation de la réussite professionnelle en tant que chirurgienne mais (hélas) tellement masculine avec ses cheveux courts, sa voix et son air graves. Il est vrai que la douceur, l’attention et l’empathie sont réservées aux infirmières ! A la différence d’autres spécialités médicales qui se féminisent fortement, la chirurgie demeure un « bastion masculin ». En France, la part des femmes est inférieure à 15% dans les spécialités proprement chirurgicales (à peine 3% pour l’orthopédie). L’auteure, tout au long de son ouvrage, tente de mettre en lumière la culture chirurgicale et la domination masculine qui lui est attachée. La chirurgie demande des aptitudes, des comportements, considérés généralement comme masculins : la technicité, la réactivité (prise rapide de décision), l’attrait pour l’action, le leadership, la volonté, la détermination, la combativité, l’endurance physique ; autant de qualité que (selon certains) les femmes n’ont pas : « chirurgie, c’est pas possible ! Perdu d’avance », « mignonne la nouvelle… Elle tiendra pas l’année ! ». Les difficultés propres aux femmes sont abordées comme la difficile conciliation avec une vie conjugale, familiale ainsi que les inégalités de considération entre les hommes et les femmes qui doivent travailler davantage pour accéder à des postes équivalents. La socialisation professionnelle est donc au cœur de cet ouvrage.

J’ai apprécié cet album qui livre aux lecteurs des vérités souvent méconnues, vraiment étonnantes, sur le monde chirurgical fait d’épreuves « derrière sa façade aseptisée ». Monde considéré comme sérieux mais qui, in situ, ne l’est pas tant que cela ! En témoigne les violences verbales avec blagues sexuelles, scatologiques, qui font partie du quotidien de ce milieu machiste ; un éclairage très particulier qui modifie notre regard sur le monde médical.

Alexandre


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La Banlieue Du 20 Heures , est une bande dessinée d’Helkarava, adaptée d’après une enquête de Jérôme Berthaut, sociologue, maître de conférences à l’université de Bourgogne et membre du ciméos. Il est également chercheur associé au laboratoire « Migration et Société ». Ses recherches croisent la sociologie des médias et la sociologie de l’immigration.

L’auteur :

Helkarava, est un illustrateur français de 28 ans qui vit et travaille à Paris. C’est un illustrateur actif sur la blogosphère. Il a reçu le prix du jury de la révélation blog BD 2013 du festival d’Angoulême, mais également le 1er prix du concours dessinateur de Demain 2014 de BDFIL et a été finaliste du concours jeune talent 2015 du festival d’Angoulême. La Banlieue Du 20 Heures, est sa première réalisation BD pro pour la collection Sociorama.

Résumé :

Le livre, raconte l’histoire de Jimmy Tendini, un journaliste rédacteur âgé de 25 ans qui vient juste de finir son école supérieure de Journalisme de Lille. Il est accueilli par Audrey, la chef du service info et il est engagé en CDD pendant 3 mois au service informations général du Journal télévisé. Dès le début de notre lecture, on perçoit que tout se passe vite dans les coulisses du 20 heures.
Après avoir passé seulement quelques minutes dans le studio, Jimmy est envoyé filmer un débat de collégiens sur la laïcité à l’école en banlieue avec Geoffrey, celui qui le prend en charge. Un Journaliste, rédacteur âgé de 32 ans, mais également Olga, une journaliste reporter d’images dit « JRI ».
Il va par la suite être chargé de s’occuper des sujets sur la banlieue. Souvent avec l’aide de José, un « JRI » et Othmane qui l’aident à trouver des personnes à interviewer dans la cité. Jimmy doit donc faire ses preuves s’il veut rester dans l’équipe du JT. Pour cela, il tente durant presque tout le livre d’impressionner ses supérieures avec ses sujets.
Il parvient cependant à présenter un sujet sur « Le phénomène des bandes de filles » qui a fait la une du 20 heures, seulement, quand il a enfin compris le fonctionnement du JT sur la fabrication du reportage banlieue. C’est-à-dire de faire des reportages avec des caricatures qui se focalisent sur les déviances des habitants.

Mon Avis :

J’ai compris à travers ma lecture, que l’auteur dénonce en quelques sortes l’image des banlieues que nous montrent les médias. De plus, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de ressemblances entre les personnages grâce au portrait que l’auteur nous donnait à chaque fois qu’il y avait un nouveau personnage. Le portrait est représenté comme une catégorie socioprofessionnelle avec l’âge du personnage, ses études et le métier de ses parents. On voit que la majorité d’entre eux a fait la même école, comme Audrey et Jimmy par exemple.

C’est un livre que j’ai beaucoup aimé, car il nous montre non seulement les stéréotypes sur la fabrication des reportages en banlieue, mais nous ouvre en quelques sortes les yeux pour que l’on puisse prendre du recul en regardant les informations. C’est aussi un livre avec beaucoup d’humour qui m’a souvent fait rire notamment le début quand le personnage de Geoffrey est apparu et la fin avec la fille qui a parlé de la Syrie juste pour rigoler, se faisant gronder par son père et une mère désespérée.

Je conseille vraiment ce livre, car il est facile à lire, on ne sent pas du tout le temps passer et en plus de ça, c’est un livre intéressant qui nous instruit avec humour.

Isha

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La banlieue du 20 heures est une bande dessinée signée Helkarava (illustrateur français de 28 ans vivant et travaillant à Paris), rédigée à partir d’une enquête sociologique de Jérôme Berthaut (jeune chercheur en sociologie) et publiée dans la collection Sociorama aux Éditions Agone. L’ouvrage est issu de la thèse de doctorat en sociologie que Berthaut a soutenue en 2012. Le jeune sociologue a été récompensé par le "Prix de la recherche" en 2012 de l’Institut National de l’Audiovisuel.
L’auteur se focalise sur un thème, la banlieue, mais son travail représente beaucoup plus que cela. À partir d’une enquête menée au sein de la rédaction de France 2 (chaîne télévisée française du service public), Jérôme Berthaut démontre comment les journaux télévisés contribuent à perpétuer des lieux communs, des stéréotypes sur les quartiers populaires de banlieue ; des stéréotypes qui perdurent malgré un réel désir de la part de jeunes journalistes de présenter l’information autrement. Ce livre montre ce qui peut être vu à la fois comme les étapes de fabrication d’un reportage et les étapes de la socialisation d’un jeune journaliste débarquant dans la rédaction. Au sein de France 2, les chefs de service définissent la bonne manière de présenter la banlieue en faisant de l’audiovisuel commercial. La hiérarchie transmet des recommandations aux reporters sous forme de conseils (sur telle ou telle question) pour façonner le reportage. Les intervenants d’une enquête sont sélectionnés selon les procédés d’un casting. L’intervieweur choisit de "bons parleurs" plutôt que de vrais témoins. Sur les sujets "banlieue", des cadrages sont imposés par la hiérarchie, ce qui contribue à renforcer les stéréotypes. C’est, sans aucun doute, à cause de la concurrence entre les chaînes que le thème "banlieue" est ciblé, organisé, selon les directives des rédacteurs en chef. En fait, tout est CONSTRUIT.

Mon avis :

Après cette immersion dans le véritable monde journalistique, je ne peux qu’être déçu par le manque potentiel d’honnêteté professionnelle dont font preuve les journalistes lorsqu’ils couvrent des faits divers, présentés au journal télévisé du 20H, devant des millions de téléspectateurs... Il est consternant d’apprendre que les journalistes fabriquent l’information sur les quartiers populaires en suivant les "conseils avisés" des chefs. L’image du sérieux journalistique est sévèrement écornée ; je ne pourrai plus suivre le journal télévisé avec le même regard !

Alexandre O.

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La Banlieue du 20 heures est une bande dessinée de Helkarava d’après une enquête de Jérome Berthaut, docteur en sociologie, maître de conférences à l’Université de Bourgogne(Dijon) et spécialiste de la sociologie des médias et des quartiers populaires.

Helkarava est un illustrateur français de 28 ans.Il vit et travaille à Paris. Il a reçu plusieurs prix dans sa carrière : prix du jury de la Révélation blog BD et 1er prix du concours Dessinateur de demain. Cet album pour la collection Sociorama est sa première réalisation BD pro.

Donc, le personnage principal est Jimmy Tendini, diplomé d’école de journalisme et qui vient décorateur d’un CDD au JT de France 2. Il est partisan des banlieues et ses thèmes sont liés avec des banlieues. L’action de la BD se passe en 20 heures. Jimmy doit préparer le reportage de la place pour sa chef Audrey. Il a l’aide de José et Othman. Enfin il a trouvé un sujet sur des bandes des femmes qui a été présenté dans le journal télévisé de 20 heures. Mais, Jimmy a compris que ce sont les médias qui peuvent former une opinion publique.

Selon moi la Banlieue de 20 heures est une BD très intéressante car elle montre le monde et le travail d’un journaliste. Cette BD insuffle un bon rythme et bien illustre ses personnages : les hommes et les femmes pressés, chefs compétents mais désillusionnés et jeunes recrues motivées et disciplinées. Je recommande cette BD car elle est aussi très facile à lire.

Matija

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Pour en savoir plus :

https://agone.org/lordredeschoses/labanlieuedu20heures/

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"Plongés dans un collectif de travail régi par des logiques économiques (audience, productivité), le poids des sources légitimes et des modèles professionnels importés de l’audiovisuel commercial, les journalistes de France 2 fabriquent et perpétuent les lieux communs sur les habitants des quartiers populaires pour satisfaire dans l’urgence la commande de reportages prédéfinis par leur hiérarchie. À partir d’une enquête menée au plus près des pratiques quotidiennes des journalistes, ce livre propose une explication sociologique à la permanence des représentations réductrices véhiculées par certains contenus médiatiques.

La thèse de doctorat dont ce livre est une version remaniée a reçu le Prix de la recherche 2012 de l’Inathèque (INA)."


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L’économie décomplexée est un roman graphique abordable pour celles et ceux qui aimeraient en savoir plus sur l’histoire de l’économie ou encore comprendre certaines théories des différents des penseurs célèbres tels que Adam Smith, Karl Marx et John Maynard Keynes.
C’est un livre qui est simple à lire composé de nombreux dessins permettant de mieux appréhender les différentes thèses et notions. Les dessins sont souvent caricaturaux et mettent en scène les différents penseurs de l’histoire.
Le livre est construit de manière chronologique, on part de l’Antiquité avec Pythagore, Platon, Xénophon, pour se rapprocher du moyen âge pour arriver à notre époque contemporaine avec Smith, Marx et Keynes.
Avec ce livre on fait le tour des différentes thèses émises par les différents penseurs de l’Histoire. On voit leur utilité dans notre société, leurs évolutions ainsi que leurs remises en causes au fil du temps. L’histoire de l’économie ne s’aborde pas très tôt cependant ce livre permet de l’anticiper puisqu’il résume de façon simple et pas trop poussée l’histoire économique. Ce livre est riche de contenu pouvant compléter des choses que l’on a déjà acquis. On réapprend avec plus de recul la thèse de la main invisible ou encore celle de la loi de l’offre et de la demande.

Tant de notions regroupées dans un seul et même livre simple et rapide à lire !

Hubert


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L’étrange de Jérôme Ruiller

C’est l’histoire d’un homme au visage d’ours qu’on surnomme l’étrange. Il quitte son pays d’origine pour avoir une vie meilleure, il abandonne sa femme et sa fille. Lorsqu’il arrive dans son pays d’accueil son rêve de vie meilleure s’effondre car il rencontre des difficultés d’intégration : il y a notamment la barrière de la langue, il est sans papier c’est à dire il ne possède ni carte de séjour ni de passeport, il doit se cacher des policiers étant donné sa situation, il est rejeté par un grand nombre d’habitants en particulier par ses voisins qui le soupçonnent d’être un voleur de linges et de nourriture. Ainsi l’homme est victime de racisme. Une des voisines de l’étrange n’hésite pas à faire savoir les préjugés qu’elle a à l’encontre des migrants : elle fait de nombreuses remarques comme : " beaucoup d’étranges sont illégaux ", "on n’est plus chez nous avec tous ces étranges"...
De même, tous les migrants étaient regroupés dans un seul quartier qu’on surnommait le quartier des étranges. Certes les migrants ne sont pas appréciés de tous mais ils sont tout de même soutenus par un groupe de personne qui font partie d’une association appelée : réseaux. À la fin du roman graphique, l’étrange parvient à réunir sa famille prés de lui et demande une carte de séjour mais sa proposition est refusée et il risque l’expulsion vers son pays d’origine.

Jérôme Ruiller, avant d’écrire ce roman graphique, a réalisé des enquêtes, des témoignages et des sondages sur le thème de l’immigration en particulier sur les personnes sans-papiers et leurs familles, les policiers ... Il a fait une enquête de terrain. Ainsi Jérôme Ruiller a porté un regard que l’on peut qualifier de regard de sociologue pour écrire son livre.
On retrouve également l’idée du contrôle social de type informel dans ce roman graphique. Ce contrôle social se caractérise par des regards plus ou moins bienveillants, des moqueries, des remarques qui sont effectués par un groupe de personnes. Par exemple, le personnage principal est victime de moqueries et de remarques à cause de son physique atypique " faut dire qu’il ne passait pas inaperçu", " je l’ai tout de suite remarqué"... Mais toutes ces remarques restent impunies.

Grâce au livre, j’ai appris ce que pouvait ressentir un étranger lorsqu’il arrive dans une terre inconnue. Malgré toutes les difficultés qu’il rencontre soit de la langue, le fait d’être sans papier, il ne renonce pas à ses rêves et à ses objectifs.

Maimouna


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Obélix et compagnie.

Astérix, Obélix et compagnie est une bande dessinée écrite par René GOSCINNY et dessinée par Albert UDERZO. Elle raconte l’histoire du petit village Gaulois qui humilie toujours les Romains. César cherche le moyen de vaincre ces Gaulois à l’aide de ses conseillers. Caius Saugrenus, un jeune conseiller sorti de l’école de César, lui propose de les affaiblir grâce à l’argent. Une fois arrivé en Gaule, Saugrenus s’arrange pour rencontrer Obélix et lui propose d’acheter tous les menhirs qu’il pourra produire en échange de sesterces. Obélix se lance donc dans la production massive de menhirs. Il ne prend même plus de temps de partir en forêt avec Astérix et il embauche même d’autres villageois pour chasser le sanglier à sa place. Obélix devient alors l’homme le plus important du village, ce qui va créer de fortes tensions et des jalousies parmi les autres villageois. Ces derniers, sur les conseils d’Astérix et de Panoramix, deviennent à leur tour fabricants de menhirs et commencent à concurrencer Obélix. Les Gaulois sont effectivement occupés à autre chose qu’à faire la guerre aux Romains, mais la fortune de Rome qui paie les menhirs achetés aux Gaulois commence à s’épuiser. Malgré toutes les ressources publicitaires de Saugrenus, c’est la crise mondiale du menhir et Rome est presque ruinée. César arrête donc ses dépenses dans les menhirs et Saugrenus va le faire savoir aux Gaulois. Mécontents de cette annonce, ils décidèrent alors d’aller dans le camp de Babaorum pour recommencer à humilier les Romains et c’est ainsi que tout redevint comme avant.

Goscinny et Uderzo confrontent leurs héros au monde du capitalisme. C’est un changement dans un village où d’habitude il n’est jamais question d’argent. Nous avons droit à des cours d’économie et de marketing, dans un langage simple et même vulgarisé. Cette bande dessinée aborde la loi de l’offre et de la demande ainsi que des aspects du monopole, de la concurrence, de la surproduction et de la division du travail. Tout ceci a un impact sur les habitudes familiales, le système de valeurs et le mode de consommation.

J’ai bien aimé cette bande dessinée car tout d’abord elle est rapide et simple à lire. Ensuite parce qu’elle aborde les problèmes économiques et sociaux dus au capitalisme de façon humoristique.

Ariane

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La communication politique par Christian Delporte

Cet ouvrage de Christian Delporte retrace l’histoire de la communication politique, de Roosevelt à Trump en passant par François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, Barack Obama ou encore François Hollande. Il tente d’expliquer avec simplicité l’histoire d’une pièce maitresse de la réussite d’une campagne : la Communication Politique.

Et c’est en 1932 que l’on est obligé de constater la montée en puissance des agences de communication, véritable déclencheur de la notoriété montante des personnages politiques, avec l’écrasante victoire de Roosevelt aux États-Unis qui marque un tournant dans la communication politique avec notamment l’émergence d’ agences de relations publiques .
Ainsi tout au long du livre sont développées les différentes techniques pouvant être utilisées pour dorer l’image du candidat « idéal ».
Entre utilisation et sélection des médias (presse écrite,TV , et sans aucun doute le web et les réseaux sociaux ), slogans vendeurs de rêves (mais parfois réducteurs), simplification à l’essentiel et au « réalisable » des programme politiques, et déguisement de l’homme politique par l’humanité le temps d’une campagne …
Ce livre nous montre qu’il est préférable de dorer l’image d’un homme et non de son programme, il faut donc que l’homme incarne une icône lui permettant de réduire à l’essentiel ses engagements et ses idées tout en se rapprochant le plus possible des intérêts véhiculés par l’opinion publique. On a donc ainsi l’incarnation de l’espoir par Obama « Hope », celle d’un président « presque » parfait pour François Hollande avec le fameux « Moi président » ou même celle de l’histoire de l’Italie « storia de italia » slogan de Berlusconi .
Tout ceci en essayant de sécuriser au maximum l’image par la sélection des plateaux TV et des chaînes, des journaux, des journalistes … le but étant qu’à aucun moment l’image puisse être mise en péril au profit des adversaires. En effet, ce que ce livre met aussi en avant, c’est le cheminement de la communication (de l’homme politique, jusqu’à la communication d’une image soignée par des journalistes chefs de campagnes, portes paroles et autres.
C’est un jeu parfois dangereux entre promesses, attitudes et pièges de journalistes. Ils savent que leurs moindres faits et gestes seront scrutés.
Il en va donc par exemple de soi pour ces « personnages politiques » de bannir toutes sortes de Fakes News ou ce qui pourrait être considéré comme tel durant les campagnes, période cruciale de Communication politique.

Mon avis :

Cet ouvrage nous permet de prendre du recul sur les tourmentes de la communication politique permettant peut-être de ne pas se faire prendre au jeu.
Ainsi nous pouvons faire des analyses plus approfondies de ce que peuvent cacher ces mises en scène de programmes réels bien souvent difficiles d’accès entièrement.
Il y a donc un enjeu politique mais aussi économique, social, diplomatique, éducatif …
Car c’est bien la personne que nous éliront qui prendra les décisions. Il est donc important de ne pas s’arrêter à l’image que peuvent renvoyer ces personnages par un sondage ou un discours, mais de voir si ses propositions tendent avec la réalité de ce qu’est aujourd’hui une région, un pays ou le monde.

Ronan


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Après avoir lu Economix de Michael Goodwin, je peux résumer ce livre en un seul mot, je dirais génial !

Ce roman graphique transforme « l’économie, une science parfois obscure en une histoire de l’économie hors norme et pleine de réflexions pertinentes.
M. Goodwin a réussi à présenter plusieurs siècles d’histoire et de pensée économique sous la forme d’une BD et nous pouvons la lire comme un roman amusant.
Pour les lycéens comme moi, c’est très intéressant et utile car cet ouvrage relie les théories économiques et les événements historiques. C’est son point fort car l’auteur utilise des bons exemples et d’excellentes illustrations compréhensibles pour tous.
Cette BD explore trois siècles de pensée et de pratiques économiques dans le monde mais elle est centrée sur les États-Unis, ce qui est pour les européens, une histoire incomplète. Mais cette histoire de l’économie mondiale est simple et divertissante, elle aborde beaucoup de notions économiques et financières.
L’intérêt d’Economix, écrit par Michael Goodwin et dessiné par Dan E. Burr, est de rendre l’économie accessible à tout le monde… cette mission est accomplie.

Darya


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Premier lecteur : Yanis

J’ai choisi le roman graphique qui s’intitule : Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?, écrit par Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon et Etienne Lécroart.

En premier lieu dans le livre, les Pinçon-Charlot expliquent pourquoi il y a des riches et des pauvres. Il y a eu l’apparition d’un écart de richesse au moment où l’Homme a pu stocker ce qu’il possédait. Les inégalités se sont créés et accumulées au court des générations. Un des résultats de ces inégalités, est qu’en 2014, les 85 personnes les plus riches de la planète possédaient autant que 3.5 milliards de personnes. Des stratégies ont été mises en place par ces familles, qui ont réussi à stocker assez pour être nommé « riches », des stratégies où la recherche de la satisfaction personnelle est primordiale pour l’individu, c’est la recherche du plus grand profit possible.
On peut observer que le couple de sociologues a pour définition de classe, celle de classe en soi où des individus ayant la même façon de vivre et de travailler, ont conscience d’appartenir à la même classe sociale et qui font tout pour défendre leurs intérêts. Dans la société, il y serait présent quatre classes sociales :

  • Classe populaire : ce sont ceux qui sont ont les emplois les moins bien payés et les plus difficiles, ce sont des employés ou des ouvriers et bien sûr se sont les plus nombreux et les moins bien défendus.
  • Classe moyenne : ceux sont qui pratiquent un métier moins pénible que la classe populaire, avec un meilleur salaire. Ce sont généralement des employés de bureaux ou des enseignants etc…
  • Classe supérieure : des médecins, ingénieurs…ou ceux qui dirigent les autres salariés.
  • Classe dominante : ou bien « bourgeois », ce sont des hommes politiques, des banquiers des hommes d’affaires ou industriels. Pour eux travaillent les membres des autres classes.
    Cette classe dominante, y sont présents les riches, voir les plus riches des riches, ce sont les élites de notre société, ceux qui vont alors régir celle-ci.

La lutte des classes est décrite dans le livre comme étant la volonté des riches à ne pas donner un salaire aux employés et salariés, équivalent au travail fourni par ceux-là dans le chiffre d’affaire d’une entreprise. C’est-à-dire, que le travail fait par les classes populaires et moyennes pour les classes supérieurs et dominante, n’est pas rémunéré à sa juste valeur et l’argument donné par les Pinçons-Charlots est que sans la force de travail c’est-à-dire les ouvriers, employés, salariés etc… il n’y aurait pas de profit et encore moins d’entreprises. Il y est donc revendiqué une meilleure répartition de richesses créées par l’entreprise.

Pour qu’un « superriche » naisse et que la classe dominante en soit présente, il leur faut plusieurs ingrédients et donc posséder :

  • Un capital financier, qui est tout simplement ce que possède à sa banque un membre de la classe dominante.
  • Un capital social qui est l’ensemble des relations qu’un membre de la classe dominante a, ce qu’il en commun avec son carnet d’adresse, c’est le goût du pouvoir.
  • Un capital culturel rassemble différents arts (tableaux, opéra, goûts musicaux, discussions particulières…), ses manières d’être, ses connaissances…
  • Un capital symbolique, qui est une manière bien particulière de montrer à tous que l’on appartient aux plus riches, il y a différents moyens de le dire et de le montrer.

Ces capitaux sont tous transmissibles des parents aux enfants, pour entretenir cette richesse dans une famille riche, c’est un moyen d’assurer une transmissibilité de la richesse et de l’appartenance à une classe dominante ou supérieure. C’est aussi un moyen de tenir à distance ceux des autres classes notamment de la classe moyenne qui peuvent prétendre à atteindre le cercle très fermé des riches. Un individu hors de ce système, aura moins ses chances qu’un individu né et qui baigne dans ce milieu depuis la naissance. En d’autres termes ces capitaux sont l’assurance de la préservation de leur pouvoir.
Toutes ces richesses accumulées par les riches, sont dépensées dans le luxe, pour entretenir leur statut et privilège d’être des riches. Voilà leur volonté d’être toujours plus riche, c’est d’essayer de le rester, pas peur de perdre ce qu’on a.
Le seul moyen pour l’Etat d’essayer de redistribuer les ressources, c’est par les impôts, mais le problème, c’est que les riches cherchant à conserver leur statut et leurs richesses, vont aller placer leur argent dans des paradis fiscaux, ce qui leur permet de ne pas payer d’impôts sur leurs fortunes.
Il y a un autre moyen pour les riches de rester entre eux, car c’est leur force et ce qui fait qu’ils ont du pouvoir car ils se partagent le « gros » en étant peu, ce qui assure à chacun une part du gâteau, c’est d’organiser pour leurs enfants, des « rallyes ». Ces rallyes sont organisés par les mères des riches ados, pour qu’au la cour d’une de ces sauteries, puissent rencontrer des personnes du même milieu que le leur. C’est une façon de commencer son carnet d’adresse, d’avoir des relations amoureuses entre eux, s’amuser et apprendre les codes de la bourgeoisie. Ils y apprennent alors que se mélanger n’est pas bon pour eux et pour la classe, d’ailleurs l’expression utilisée par les sociologues est assez comique : « Pour la classe dominante, le mélange, c’est la mort ! ».

Avis personnel :

Les deux sociologues et l’écrivain de BD et illustrateur, ont je trouve, trouvé ici dans ce livre un véritable compromis entre la sociologie et la bande dessinée, un compromis entre une science et l’art graphique et littéraire.
Ce qui y est très appréciable, c’est que la sociologie ici nous est présentée assez facilement et clairement avec un sujet qui touche absolument toutes les catégories de populations : « les pauvres et les riches ». De plus c’est à travers deux familles, une « pauvre » et l’autre « riche » qu’on apprend du vocabulaire social, ce sont des exemples de ménages composés d’un père et d’une mère, avec pour la famille pauvre une fille et pour la famille riche un garçon. Le lecteur peut alors s’identifier à eux.
J’ai aimé lire ce livre et apprendre et revoir des connaissances que j’avais acquises, partiellement ou pas du tout.

Yanis

Second lecteur : Côme

Ce roman graphique, fruit des travaux des sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, en collaboration avec le dessinateur et auteur de bande dessinée Etienne Lécroart, aborde sous un angle simplifié une thématique aujourd’hui au cœur des grandes questions économiques et sociales : les inégalités.
Intitulé « Mon premier manuel de pensée critique », cet ouvrage est destiné en premier lieu à un public de très jeune âge. Dans ce roman d’une soixantaine de pages, les deux sociologues décortiquent la thématique des inégalités sous forme de questions, auxquelles ils s’asteignent de répondre de façon claire, illustrée, en utilisant un lexique simple, et en introduisant des concepts économiques et sociaux (on peut y voir, par exemple, une explication de ce qu’est une classe sociale). En somme, on y décompte une vingtaine de questions servant de fil d’Ariane au lecteur.
En premier lieu, le couple de sociologue tente de poser les bases sociologique et historique explicatives des inégalités, en introduisant les concepts de classes sociales et de lutte des classes. S’en suit l’introduction de la distinction entre « classe dominante » et « riche », amenant les auteurs à développer de nouveaux concepts sociologiques utiles à la compréhension des inégalités. Sans le citer, les Pinçon-Charlot introduisent les notions bourdieusiennes de capitaux, qu’ils déclinent tout en expliquant. L’apport du dessinateur Etienne Lécroart ajoute une touche humoristique aux explications, tout en apportant une dimension visuelle et hautement symbolique : par exemple, on peut y voir un « super-riche » prendre le costume de super-man. Ce super-riche, sur l’image, est détenteur de pouvoirs spéciaux : il possède de l’argent, de la richesse symbolique, mais également des relations sociales, de la culture et du pouvoir.
Les Pinçon-Charlot rentrent ensuite dans la partie explicative des inégalités, traversant nos sociétés depuis plusieurs décennies : ils évoquent les stratégies fiscales auxquelles les « riches » ont recours, la transmission de leur patrimoine, permettant d’expliquer la persistance des inégalités, aujourd’hui inhérentes à nos sociétés.
Pour développer l’esprit critique du lecteur, les auteurs entament également une analyse critique du sujet, en soulevant certains paradoxes. Par exemple, ils se questionnent sur « Et pourtant, la République c’est le mérite, pas l’héritage ? ». Certaines questions soulevées sont (certes) à connotation plutôt humoristique, bien que les réponses des auteurs soient très sérieuses (« A t-on besoin des riches ? », se demandent-ils). C’est l’occasion pour les deux sociologues de mettre en pièce la « théorie du ruissellement ».
En outre, bien plus qu’un manuel qui vise à apprendre à un enfant ce que sont les inégalités entre les catégories sociales (ou devrions-nous dire classe sociale ?), ce roman graphique a pour but de développer chez le jeune lecteur une conscience en ce qu’il s’agit de l’omniprésence des inégalités dans la structure sociale contemporaine, qu’il puisse se doter d’un esprit critique. Les dernières questions sont consacrées aux alternatives possibles qui permettraient de réduire les inégalités. Ici, les pouvoirs publics sont mis en cause (par l’intermédiaire de la figure du Président de la République, qui incarne l’Etat au sens large) face à leur incapacité à résoudre les problèmes causés par les inégalités.
La dernière image témoigne de cet apport humoristique : à travers un « Call for action » rédigé par les Pinçon-Charlot, on peut voir sur l’illustration un paquebot qui fonce sur un iceberg en forme de butin. Les passagers présents sur le bateau scandent « À gauche, toute » : on peut y avoir un message politique, selon lequel la « gauche » serait la plus à même à diminuer ces inégalités (du moins, elle s’en préoccuperait le plus).

En ce qui s’agit de mon avis personnel, j’ai trouvé ce roman plutôt intéressant à lire, d’une complexité certes limitée, mais muni d’un sens de l’humour assez développé. Les questions soulevées sont tout à fait d’actualité, pour laquelle je porte beaucoup d’intérêt. Il s’avère de surcroît que ce roman est en totale adéquation avec mon programme de terminale : les inégalités sont au cœur de l’analyse de la structure sociale.

Côme

"Monique Pinçon-Charlot, née Monique Charlot le 15 mai 19461 à Saint-Étienne2, est une sociologue française.

Elle est directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), rattachée à l’Institut de recherche sur les sociétés contemporaines (IRESCO) de l’université de Paris-VIII, jusqu’à son départ à la retraite, en 2007.

Elle travaille généralement en collaboration avec son mari Michel Pinçon, également sociologue ; ils ont coécrit la majeure partie de leurs ouvrages. Ceux-ci traitent de la fermeture au sein des classes supérieures de la société, à travers des thèmes tels que l’homogamie ou les normes sociales."
"Monique Charlot travaille depuis plus de trente ans avec son conjoint Michel Pinçon sur le lien entre l’agrégation spatiale et la ségrégation sociale. Ils furent tous deux directeurs de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Tous deux travaillent depuis 1970 au sein de l’Institut de recherche sur les sociétés contemporaines (IRESCO) de l’université de Paris-VIII, au Centre de sociologie urbaine (CSU) devenu en 1996, Cultures et sociétés urbaines."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Monique_Pin%C3%A7on-Charlot


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Le livre Les Nouvelles de la Jungle de Lisa Mandel et Yasmine Bouagga relate l’évolution de la jungle de Calais, depuis sa création jusqu’à son démantèlement. Lisa et Yasmine se rendent dans la Jungle de Calais de février à octobre 2016 et racontent leur expérience. Le livre nous apprend davantage de choses sur le fonctionnement de cette Jungle, sur la (sur)vie des migrants là-bas, sur le travail exceptionnel des associations soit mandatées par l’Etat soit indépendantes. On apprend l’existence de guerre de clans selon les origines, de situation de prostitution… Il nous informe aussi sur plusieurs autres camps comme celui de Norrents-Fontes, Grande-Synthe, Chocques ou encore le centre de Sangatte. Raconté avec beaucoup d’humour, on apprend les conditions horribles des migrants, les histoires touchantes du passé de certains sans pour autant tomber dans la consternation ou l’accablement.
J’ai trouvé ce livre très intéressant car il est évident que j’avais entendu parler de la jungle de Calais dans les médias mais c’est tout. Ce livre nous permet d’explorer le sujet en profondeur, il nous apprend vraiment beaucoup de choses. La forme de bande dessinée rend la lecture plus simple et intéressante pour un sujet aussi difficile. Bien que, quelques fois j’ai eu du mal à lire les écritures manuscrites, mais c’est le seul défaut du livre. Je recommande donc évidemment ce livre pour approfondir ses connaissances sur cette jungle et ne pas se contenter des informations que les médias nous fournissent.

Nina P.


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Shenzhen est l’histoire d’un canadien Guy Deliste résidant en France, qui fut envoyé en Chine, à Shenzhen pour superviser un studio de dessin animé pendant trois mois. Dans cette BD il nous raconte son séjour sous la forme d’un journal de bord ou il nous livre ses aventures et son quotidien dans cette ville où il ne parle pas la langue, ainsi que les coutumes bien différentes des siennes.

Cette BD nous montre la difficulté de s’intégrer dans un pays où on ne parle pas la langue, elle nous montre la culture de la ville et de ses différences par rapport à la sienne ce qui rend l’intégration encore plus compliquée. La solitude rencontrée dans son travail comme dans son quotidien au cours de son séjour ; les journées qui se ressemblent et se succèdent. Mais elle nous raconte aussi ses week-ends passés à Canton pour le travail, ainsi que celui passé à Hong Kong qui lui ont fait oublier et changer son quotidien. Mais il nous parle aussi de la forte consommation en chine comme il le dira dans cette BD « l’activité majeure à Shenzhen c’est de faire les boutiques. "De toute façon y’a rien d’autre que ça à faire", et leur manière d’attirer le client comme pour l’ouverture d’un Kentucky fried chicken ou les employées « exécutaient une petite chorégraphie promotionnelle », ainsi que de la production massive notamment lors de son premier séjour à Canton, lors de son trajet entre Shenzhen et Canton il ne remarqua que des énormes chantiers au beau milieu de nulle part.

J’ai bien aimé cette BD car elle est très facile à lire, on reste très concentré car l’histoire s’installe rapidement ce qui fait qu’on est très vite plongé dans l’histoire de Guy Deliste. Cette BD nous fait réfléchir sur la dureté du travail et de l’intégration d’une personne dans un pays étranger.

Victoria


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« L’Économie : La Macroéconomie » écrit par Grady Klein et Yoram Baum traite comme son nom l’indique de la macroéconomie, c’est à dire au fonctionnement de l’économie dans son ensemble. Ce livre aborde ainsi le fonctionnement du commerce et de l’évolution technologique, le fonctionnement du marché du travail, le calcul du PIB et également l’influence de l’État sur l’économie. On retrouve dans cet ouvrage de nombreux économistes très fréquemment cités pour expliquer certaines "théories" comme Adam Smith, John Maynard Keynes, Joseph Schumpeter, David Hume ou même encore Milton Friedman.
Les sujets expliqués dans ce livre sont abordés de façon assez humoristique, assez ludique ce qui rend sa lecture plus agréable. Notamment par sa forme, qui, le rend à priori plus attrayant et plus captivant. En effet il semble logique qu’aborder la macroéconomie dans une BD, et donc avec de nombreuses images et quelques schémas, permet au lecteur de mieux comprendre et de s’y intéresser davantage. De plus c’est un livre qui, malgré ses 227 pages, a l’avantage de se lire assez rapidement tout en s’initiant à l’économie ce qui pour les étudiants représente un certain atout. Cependant le fait d’évoquer l’économie sous cette forme originale engendre nécessairement certaines caricatures. En effet pour expliquer par exemple le chômage (page 19) nous trouvons une image d’un homme assis sur un fauteuil devant la télévision avec une boisson à la main qui représente ainsi un actif sans emploi. Bien que cette image explique rapidement et brièvement la notion d’actif sans emploi, elle met en avant certains préjugés qui peuvent, pour quelques personnes, être perçus de façon péjorative même si cette explication est à prendre bien évidemment au second degré.

Yousra


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Ce roman graphique intitulé PyongYang (평양), du nom de la capitale de la Corée du Nord (북조선), est écrit et dessiné par Guy Delisle, un animateur et bédéiste québécois connu pour ses romans graphiques et autobiographiques. Il est par exemple l’auteur de Chronique de Jérusalem, qui a reçu en 2012 le Fauve d’or du meilleur album du Festival d’Angoulême.

PyongYang est publié aux éditions L’Association, une maison d’édition française que je chéris tout particulièrement puisque créée entre autre par Lewis Trondheim, un de mes auteur de bande dessinées favoris. Cette maison d’éditions publie des oeuvres que l’on pourrait qualifier d’alternatives, et a pour particularité d’avoir conservé le caractère associatif depuis sa création.

Notons que PyongYang aurait dû bénéficier d’une adaptation au cinéma, mais suite au piratage de Sony Pictures Entertainment en 2014 (dont les auteurs seraient affiliés d’après le FBI au gouvernement de Corée du Nord) et à des menaces terroristes, le projet a été annulé.

Ce roman graphique de style autobiographique retrace les péripéties de l’auteur, en déplacement pour son travail dans un studio d’animation Coréen, le studio SEK, pour Scientific Educational Korea. Il y remplace une animatrice, Sandrine, qu’il a déjà croisé au Vietnam, et va superviser l’adaptation en dessin animé de Papyrus, une série de bande dessinée.

La Corée du Nord est un pays de 25 million d’habitants limitrophe à la Chine (au Nord), à la Russie (au Nord-Est) et à la Corée du Sud (대한민국) et son plus proche voisin maritime est le Japon. Cet état possède un régime totalitaire socialiste de type stalinien, et est aussi la seule dynastie communiste du monde. Il est dirigé par le Parti du Travail de Corée (조선로동당), avec à sa tête Kim Jong-Un (김정은) en tant que Dirigeant Suprême.

Ce pays est connu pour avoir l’un des plus bas niveau de droits de l’homme au monde (124ème sur 196), et a par exemple connu une famine en 1990 qui aurait tué entre 900 000 et 2 millions de personnes. C’est aussi le pays le plus militarisé du monde, avec près de 9,5 millions de soldats (actifs et réservistes), qui selon ses dires possèderait l’arme nucléaire.

C’est donc dans ce charmant pays d’Asie du Sud que l’auteur va passer deux mois, et il va pendant ces derniers noter des observations, des anecdotes, mais aussi des interrogations plus grandes. C’est ici un reportage exclusif, agréable et enrichissant à lire, qui fera sourire et en même temps s’interroger. Ainsi, ce roman m’a fait entrevoir une toute autre facette de la Corée du Nord que celle propagée par les médias. Pour prendre un exemple sans néanmoins spoiler le futur lecteur, disons que certains habitants de Nord-Corée sont en contact avec des étrangers, comme c’est le cas des guides qui suivent en permanence ou presque l’auteur, et que lors de discussion avec ces derniers, ils se retrouvent mis face à leur contradiction. S’en suit soi des conversations assez stériles, soi une lueur d’espoir de remise en cause de leur croyance et de leur foi dans leur gouvernement. L’auteur va aussi être amené à visiter des lieux emblématique de la ville et de ses environ, et quelques surprises attendent le lecteur...

Quant au style de l’auteur, je l’ai trouvé très accessible, il y a de nombreuses subtilités qui ne seront pas pleinement appréciées au premier coup d’oeil, mais une deuxième relecture permet de profiter de cette enquête qui offre au lecteur un aperçu d’un pays méconnu, sinon connu uniquement au travers de ses relations internationales pour le moins tendues (je ne m’attarderai pas sur ce sujet de peur de représailles de la part du-dit pays, je tiens à ma vie). Il se lit bien, on se prend à y repenser après, et qui sait peut-être vous donnera envie de vous renseigner sur la Corée du Nord.

Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié lire cette œuvre. N’étant pas néophyte des romans graphiques, je ne peux pas commenter la découverte de ce support fort agréable, toujours est-il que je le recommande vivement. Le ton de l’auteur, parfois assez acerbe ou ironique, fait sourire et grimacer, et certaines de ses remarques pourraient être appliquées à d’autres sujet, disons les États-Unis par exemple, ce qui rend la lecture de PyongYang utile pour porter un regard différent sur l’actualité.

Benjamin


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L’Histoire de la prostitution est un roman graphique écrit par Laurent de Sutter et dessiné et colorié par Agnès Maupré, publié en 2016.
Cet ouvrage nous explique l’histoire de la prostitution, « le plus vieux métier du monde », de Babylone à nos jours, à travers différentes époques et cultures. En 1946, la loi nommée « Marthe Richard » fermait les maisons closes dans l’espoir d’en finir avec l’exploitation sexuelle des femmes à l’heure où elles obtenaient enfin le droit de vote. Au fil des époques, depuis la Perse (Iran actuel) à nos jours, se déroule l’histoire de ces prostituées, qu’on appelait selon l’époque ou le lieu « pornaî » en Grèce antique, louves dans la Rome antique, abbesses au Moyen Age, puis courtisanes plus tard ou geishas au Japon. D’une façon générale, elles avaient plus de droits que les femmes mariées qui, par exemple, ne pouvaient sortir de chez elle sans être accompagnées ; mais en contrepartie de ce statut, elles devaient être clairement identifiables (tenues voyantes, aiguillettes) et vivre le plus souvent en marge de la cité (sur les remparts, dans des quartiers particuliers ou plus tard dans les maisons closes) et parfois persécutées. L’histoire se construit aussi au travers de courtisanes « célèbres » telles que Aspasie à Athènes, Messaline à Rome, Tullia d’Aragona à Florence pendant la Renaissance, et Ulla, récemment, à Lyon.
La prostitution, pouvait selon l’auteur, avoir également un aspect bénéfique en permettant de maintenir l’équilibre familial (au bénéfice des hommes), ou aux veuves romaines, qui prenaient le statut de courtisane, afin de ne pas rester enfermées à leur domicile. Le livre présente également différentes perceptions de la prostitution, en fonction des cultures : ainsi, dans le Japon du XIXème siècle, la prostitution était une pratique respectée faite de rites et de codes (par exemple le client devait rencontrer trois fois la prostituée « avant de pouvoir espérer quelque chose »).
Cette bande dessinée aborde également d’autres thèmes :
D’une part, les maladies vénériennes telle que la syphilis : pour cette raison, la prostitution fut donc soumise à de fortes consignes d’hygiène (au XIXème), les maisons closes permettant davantage de contrôles de santé.
D’autre part, l’Etat, qui contrôlait ou interdisait la prostitution tout en percevant des impôts sur les prostituées, ainsi, au XIXème siècle, 60% de leurs recettes étaient taxées ; le discours de l’Etat semblait hypocrite.

Mon avis :

L’intérêt de cet ouvrage réside dans le fait qu’il permette d’avoir un autre regard sur la prostitution et de connaitre son histoire à travers différentes cultures et époques de manière très synthétique. Le texte ne prend pas partie pour ou contre la prostitution, mais donne des clés pour en comprendre l’enjeu.
Ce qui m’a également particulièrement plus est l’aspect graphique de ce roman qui restitue une certaine réalité, mais sans vulgarité.
Enfin il est plaisant à lire grâce à ces différentes scènes illustrées, plaisir qu’un simple roman n’apportera pas forcément.

Mattéo


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Turbulences est un sociorama écrit d’après une enquête d’Anne Lambert en 2016 avec Baptiste Virot qui est un auteur de BD. L’éditeur est Casterman.

Ce livre veut nous montrer la vie et les relations entre les différentes personnes dans un avion mais aussi avant de le prendre.
Au début de l’histoire, les auteurs nous présentent Marion, phobique de l’avion et qui doit le prendre pour aller au Brésil pour son travail. Ils nous présentent aussi le pilote Martin ainsi que Sylvie, hôtesse de l’air. Dès le départ on peut voir la différence entre Sylvie qui court dès le réveil et Martin qui prend tout son temps.
Ensuite, dès l’arrivée à l’aéroport ils détaillent la préparation de tout l’équipage avant l’embarquement.
Ils insistent bien sur la peur de Marion avant le décollage puis pendant tout le trajet. Mais ils font aussi un portrait de toutes les catégories de passagers (les habitués, les fatalistes, l’émerveillé...).
Les deux auteurs décrivent la vie à bord de l’avion mais aussi tout ce que les passagers ne peuvent pas voir et entendre.
Ils nous expliquent aussi les différentes parties d’un avion avec le cockpit, la 1ère classe, la classe business, la classe éco, et le galley pour le personnel.
Dès le décollage, les auteurs nous montrent le travail des pilotes, des hôtesses de l’air et des stewarts dans les moindres détails et la manière dont ils voient les passagers, surtout Marion avec sa phobie de l’avion, et ça jusqu’à l’atterrissage.

Les auteurs nous font passer plusieurs messages au travers de cette BD.
Cet avion est un reflet de notre société tout d’abord avec les différences de classes sociales. Par exemple, il y a la classe business et la classe éco, dans l’aéroport il y a un salon spécial pour la classe business où tout est gratuit et Marion étant en classe eco paye sa bouteille d’eau très cher.
Il y a aussi des grandes différences de salaires au niveau du personnel.
On remarque aussi quelques allusions « sexistes » de la part du pilote. Dans les statistiques on remarque qu’il y a beaucoup plus d’hommes dans le personnel navigant technique que de femmes (3600 hommes et 400 femmes) , alors que dans le personnel navigant commercial, sur 15000 personnes, 2/3 sont des femmes.
En prenant l’exemple de Françoise la co-pilote, on s’aperçoit qu’elle en fait beaucoup plus que Martin et Paul-Artur afin d’être reconnue pour ce qu’elle fait.
Les auteurs montrent bien la difficulté du travail du personnel navigant qui ne se plaint pas par peur de perdre sa place comme le pilote au début de l’histoire qui a mal au dos.
Le travail est aussi très compliqué pour le personnel navigant commercial (hôtesses de l’air et stewarts) qui souffrent eux aussi de problèmes de dos, mais aussi du manque de sommeil et de la pression exercée par les passagers sur eux. Mais malgré tout ça, ils doivent rester souriants .
Les discussions tournent aussi autour des risques de grève, avec Martin qui veut garder son salaire et qui dit que les pilotes peuvent tout bloquer et Françoise qui trouve que les pilotes sont privilégiés et qui est prète à faire des efforts comme d’autres. Les hôtesses de l’air et les stewarts ne sont pas d’accord avec la grève des pilotes car ils se retrouvent au chômage technique et ils perdent beaucoup sur leur salaire.
Les auteurs font donc une observation de la société au travers des différentes choses qui se passent dans l’avion .

Pour ma part j’ai trouvé ce livre très intéressant et très instructif notamment par le fait que ce soit sous forme de BD. Cela incite le lecteur à rester concentré car c’est plus vivant. Les auteurs nous apprennent beaucoup de choses sur le travail dans les avions mais aussi sur la société de cette façon.
Le livre se lit très facilement et les messages que veulent faire passer les auteurs se distinguent très facilement.
J’ai bien aimé le livre car cette histoire paraît vivante, on peut sentir les réactions des gens et l’histoire est bien racontée.
J’ai particulièrement aimé le passage où ils nous montrent qu’il y a des tensions sociales dans l’avion ce qui reflète bien notre société.

Mehdi


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Le roman graphique que j’ai lu se nomme " Encaisser ". Ce dernier est inspiré d’une enquête de Marlène Benquet et fut dessiné par Anne Simon, une autrice de bandes dessinées. Il fut publié le 31 août 2016 par la maison d’édition Casterman. Marlène Benquet a mené une enquête sur une surface de grande distribution française pendant trois ans. Elle commence tout d’abord caissière puis elle fait par la suite un stage au siège du groupe du magasin et un autre au sein de l’organisation syndicale majoritaire. Elle révèle ainsi dans ce livre les "dessous" de la grande distribution.
Ce roman graphique regorge de nombreuses réalités sociologiques du monde actuel, et par le biais d’une histoire, explique quelques faits et met en évidence des conditions difficiles à propos du monde du travail notamment au poste de caissière dans une grande surface de vente alimentaire.

Le livre parle d’une jeune femme célibataire qui se nomme Sabrina, mère de deux enfants. Cette dernière obtient un emploi de caissière dans un supermarché qui se nomme BATAX. Ses premiers jours sont assez rudes car elle apprend plus ou moins ses différentes taches de travail en compagnie de Nadine qui est sa formatrice. Cette dernière lui explique qu’elle doit être assez rapide et qu’elle doit fidéliser ses clients au maximum en leur proposant une carte de fidélité. Les jours s’enchainent de façon monotone avec tout le temps les mêmes choses à faire. Le calendrier est très mal organisé car ce dernier change presque toutes les semaines ce qui rend complexe l’organisation familiale de Sabrina car elle doit d’aller chercher ses enfants à l’école en fin d’après-midi. Sabrina se rend compte que les employés notamment les caissières et quelques supérieures sont très mal traitées. En effet Les conditions de travail des caissières ne sont vraiment pas idéales. Par exemple, il n’y a aucune augmentation, pas de prime, pas de pourcentage au bénéfice, le patron ne donne jamais sa reconnaissance et on ne fait que leur hurler dessus. Ces dernières se plaignent en effet et ripostent donc par des manifestations afin d’entrer en conflit social. Cependant, la peur du chômage les incite presque toutes à se taire. Les Syndicats eux aussi restent silencieux. C’est grâce à un mouvement de quelques caissières que des manifestations et grèves sont organisées afin de s’exprimer et de lutter contre ces injustices. Sabrina en fait partie.
Cependant, Les patrons du supermarché subissent eux aussi la pression car il faut que leur magasin rapporte plus d’argent aux actionnaires. Tout le monde travaille dans des conditions mauvaises.
Sabrina fait durant son contrat avec BATAX la connaissance de nombreuses caissières ayant presque toute un caractère plus ou moins différent. Certaines sont plus rebelles et expriment plus leurs pensées de rébellion par exemple, tandis que d’autres restent muettes ou donnent juste leurs avis sur la situation.
Je pense qu’ici par son œuvre, l’auteur dépeint suite son enquête, ce qui se passe dans les grands supermarchés types Auchan, Leclerc, Lidl, Franprix ou encore Carrefour. On voit qu’en effet l’auteur veut informer sur des conditions de travail mauvaises et des injustices que subissent certaines caissières au sein de ces grandes surfaces. On voit qu’elles sont soumises à des ordres, elles sont sous surveillance pendant tous leur service afin de s’assurer qu’elles ne volent pas et qu’elles fidélisent les clients comme convenu. Elles ont des pauses très courtes et sont réprimandées lorsqu’elle se permettent d’aller aux toilettes ou bien même d’être malades. De nos jours, certains employés qui travaillent au sein de supermarchés sont équipés d’oreillettes et reçoivent des ordres par cet appareil. Des ordres récurrents qui déshumanisent la personne et même parfois provoquent des troubles moraux. Cela témoigne d’une sorte de robotisation.

J’ai trouvé que le livre se lit facilement, que l’histoire se comprend bien et que le message que l’auteur veut transmettre se comprend rapidement car il représente des faits d’actualité dont beaucoup de gens d’ailleurs sont au courant. J’ai appris que certaines personnes notamment des personnes hautement gradées sont prêtes à beaucoup de choses pour de l’argent et le fonctionnement de leurs entreprises, notamment à faire indirectement du mal à certaines personnes qui sont leurs employés, à détruire parfois leurs vies et leurs laisser des séquelles psychologiques de par la gravité de leurs actes. Certaines personnes ne font pas preuve de respect et considèrent d’autres personnes comme inférieures à elles du fait qu’ils ou elles soient Inferieur-e-s à eux dans la hiérarchie de leur profession.

Le moment qui m’a le plus marqué dans ce roman est lorsqu’une gérante du magasin BATAX vient dire à une caissière de venir ranger les caddies. Cette dernière lui répond que malheureusement elle ne pouvait le faire car il y avait trop de clients qui attendaient à sa caisse. Cette situation devient par la suite un conflit.

Sofian

ENCAISSER ! est un album signé Anne Simon (auteure de bandes dessinées et illustratrice) à partir d’une enquête sociologique de Marlène Benquet (docteure en Sociologie au CNRS) et publié dans la collection Sociorama aux Editions Agone (2013). L’ouvrage est issu de la thèse de doctorat en sociologie que Marlène Benquet a soutenue en novembre 2012, intitulée "Ethnologie des relations professionnelles dans une grande entreprise à l’actionnariat financier".
Dans l’album étudié (Encaisser), l’auteure se focalise sur le même thème, celui des conditions de travail des salariés dans la grande distribution. A partir d’une enquête menée (pendant trois ans) au sein d’une des principales entreprises françaises de grande distribution (rebaptisée Batax), Marlène Benquet nous révèle "les dessous" de la grande distribution (généralement méconnus du grand public).
Marlène Benquet tente de comprendre comment dans un secteur avec des conditions d’emploi assez dégradées (depuis une dizaine d’années) peut-on expliquer qu’il y ait si peu de résistance, d’opposition ou de conflits au travail de la part des salariés. Pourquoi l’ensemble des salariés qui subit, "perte d’autonomie", "insécurité grandissante", "réorganisations fragilisantes", accepte t-il ainsi d’"encaisser" ?

ENCAISSER est une immersion concrète dans un univers professionnel, celui de la grande distribution. L’ouvrage de Marlène Benquet constitue une incursion dans cet univers avec les réalités du terrain, ses hiérarchies, ses codes, ses dessous inavoués.
Batax, créé à la fin des années 1950 et devenu le premier groupe de distribution français, est construit loin des capitales ("il faudra de la place en périphérie des villes !") à la force du poignet par des "épiciers consciencieux" qui "imaginent un grand magasin avec des étalages à perte de vue", et qui "rêvent d’un monde où le fromager côtoie la boulangère aux joues roses". L’auteure nous propose une analyse afin de comprendre comment s’organise le travail dans les hypermarchés, alors que les réductions d’effectifs se poursuivent depuis une dizaine d’années, que les "métiers" s’effacent au profit des tâches exercées par tous : "vous devez faire les tâches dont le magasin a besoin", "si on vous demande de faire quelque chose, vous le faites". La discipline est exigée : "les règles sont strictes. Même deux minutes, c’est du retard", "il vous faudra travailler une fois par semaine en soirée jusqu’à 22 heures", "n’oubliez pas, vous êtes l’image du groupe donc il y a une grosse responsabilité". Pour comprendre cet univers, Marlène Benquet décide qu’il faut reconstruire "toute la chaîne qui mène d’une consigne de profit donnée par des actionnaires, jusqu’aux personnes tout en bas". Pour cela, elle choisit la méthode de "l’observation participante". Elle a mené 4 phases d’observation participante : comme caissière d’hypermarché, à la direction des ressources humaines, dans le syndicat majoritaire de l’entreprise, Force Ouvrière, et en assistant la personne qui mène les entretiens de mesure du climat social. L’ensemble donne une vision très complète du fonctionnement de l’entreprise, ou plutôt de son dysfonctionnement.
La sociologue dépeint dans son livre un tableau étonnant. Les situations tragi-comiques ne manquent pas. Au sein du siège, le cloisonnement est de règle : il faut un badge pour entrer... et sortir, le badge ne donne accès qu’à l’étage où est situé son propre bureau, impossible de se déplacer dans d’autres services sans une raison jugée valable, demander l’organigramme de l’entreprise est considéré comme une question incongrue, les informations circulent peu et mal. L’entretien d’embauche de la sociologue en tant que caissière porte exclusivement sur son apparence (coiffure, vernis à ongle, vêtements...) et, en aucun cas, sur le contenu du travail ("la caisse c’est pas sorcier, hein !") : "cheveux, on attache, et pas de fantaisies", "le maquillage et le vernis : discrets. Pas de trucs vulgaires", "là, comme vous êtes, ça pourrait aller, mais je préfère sans le jean, donc pantalon noir", "mais vous avez l’air plutôt saine, comme personne...". Les pauses-pipi ne sont pas un droit acquis : "Aller aux toilettes ? vous vous croyez où ? à la maternelle ? apprenez à vous retenir !". Les caissières admettent (pour beaucoup d’entres elles) ne pas aimer leur travail : image dévalorisante, travail mal rémunéré, sans perspectives de carrière, clients aux propos désobligeants : "vérifie bien le ticket, elles essaient toujours de nous arnaquer". Aux ressources humaines, elle croise des employés nostalgiques du temps où l’entreprise était décentralisée ; ils dépeignent un "âge d’or", achevé vers le milieu des années 1990. Ainsi, monsieur "J" raconte : "Quand je suis arrivé, le principe c’est que chaque hypermarché était comme une petite entreprise autonome. Le siège ne nous donnait aucun ordre. On gérait tout et c’était formidable !"..."Aujourd’hui, c’est la politique du chiffre et des financiers qui prennent le pouvoir".
Du côté syndical, la sociologue dépeint les relations complexes entre Force Ouvrière et direction, relations qui évoluent avec "la financiarisation de la stratégie". Celle-ci fait que "le circuit de secours syndical" passe "d’un fonctionnement préventif à un fonctionnement strictement urgentiste".
Nous comprenons alors que les salariés du groupe Batax ne peuvent échapper à l’"investissement dans le travail" mais sans pour autant y adhérer. Nous comprenons aussi qu’ils ne peuvent rien faire d’autre qu’"ENCAISSER !".

J’ai aimé l’approche ludique de ce livre qui traite un sujet sérieux (les dessous de la grande distribution) sous forme de bande dessinée, combinant des descriptions (précises) des relations, des situations, des personnages sur leur lieu de travail (à savoir l’hypermarché Batax). Nous avons une vision globale des relations sociales entre les différents acteurs : cadres, actionnaires, caissières... Les croquis humoristiques permettent de donner vie aux univers décrits.

Alexandre


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Le Livre présenté ici s’intitule Chantier interdit au public. Celui-ci a été écrit par Claire Braud d’après une enquête de Nicolas jounin. Le livre a été publié en 2016 par la collection Sociorama. La collection Sociorama mets en place une alliance entre bandes dessinées et sociologie. D’un côté, des sociologues amateur de Bande dessinée et de l’autre des auteurs de bandes dessinées curieux de sociologie qui se sont lancés dans une aventure originale.
Nicolas Jounin a organisé une enquête Tout au long d’une période en se faisant embaucher sur plusieurs chantiers d’abord comme manœuvre puis ferrailleur. Il en a conclu que l’organisation est complexe et qu’il coexiste de nombreux statuts inégaux.
Cette bande dessinée permet de donner au lecteur le coup du regard sociologique. Ce livre aborde un thème qui nous concerne mais auquel nous ne faisons pas attention dans la vie quotidienne. Les chantiers de construction font partie de notre quotidien. Nous ne savons pas grand-chose sur cet univers professionnel mise à part qu’il soit relativement désolant et périlleux. De plus on peut ajouter que dans le livre les ouvriers sont imprudents et prennent beaucoup de risques, ils ne respectent pas les règles sur le chantier ce qui fait qu’il y a beaucoup plus de danger.
Le livre se concentre sur deux personnages principaux Hassan ferrailleur qui n’est pas très habile et Soleyman coffreur sans-papiers. On suit les expériences de Hassan et Souleyman dans leur quotidien au chantier. Le dialogue possède un langage plutôt familier avec de nombreuses plaisanteries raciste. Les ouvriers sont soumis à des contraintes physiques plus importantes que ceux des autres secteurs d’activité, ils sont plus souvent obligés que dans les autres secteurs à faire des gestes répétitifs.
Sans être une publication de sciences sociales à part entière, cette bande dessinée permet de donner au lecteur le goût du regard sociologique il envie de revenir à l’œuvre originale. Hassan est un jeune intérimaire et Souleiman est un intérimaire qui travaille depuis 10 ans pour un sous-traitant de l’entreprise “boucifage ”. La Rencontre de Souleymane et Hassan permet de comprendre la présentation faite par Souleymane de la vie du chantier et de ses caractéristiques, et l’apprentissage du lecteur ou secret qui se trouve derrière la barrière « interdit au public ».
Je recommande fortement ce livre à tout le monde, il parle de la société actuelle et illustre bien les conditions de travail des ouvriers sur le terrain.
J’ai beaucoup apprécié ce livre de plus on peut ajouter que l’auteur utilise du second degré pour rendre la situation comique.


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Plus belle la série est un album franco-belge signé Emilie Harel (dessinatrice) et Paul-André Landes (scénariste), à partir d’une enquête sociologique de Muriel Mille (docteur en Sociologie), et publié dans la collection Sociorama aux Editions Casterman (avril 2017). L’ouvrage est issu de la thèse de doctorat en Sociologie que Muriel Mille a soutenue en 2013, intitulée "Produire de la fiction à la chaîne. Sociologie du travail de fabrication d’un feuilleton télévisé". A partir d’une enquête menée de 2007 à 2010, la sociologue a disséqué les mécanismes de la fabrication d’un feuilleton télévisé à grand succès. Elle analyse comment s’organise ce travail, très créatif, divisé entre plusieurs intervenants : scénaristes, dialoguistes, réalisateurs, techniciens... et s’interroge sur la manière de représenter la société dans chaque épisode diffusé quotidiennement à une heure de grande écoute ; comment donner une image vraisemblable, et en même temps captiver les téléspectateurs.

Plus belle la série est une immersion concrète dans un univers professionnel ( relativement peu étudié par les sociologues), celui du feuilleton télé. L’ouvrage de Muriel Mille constitue une incursion dans cet univers, révélant les réalités du terrain. L’auteure nous propose une analyse afin de comprendre les dessous de la fabrication de la fiction télé : aléas du métier (caprices des acteurs vedettes, exigences des figurants, gaffes et surprises en tous genres...), contraintes du plateau (réglages des lumières, attentes sous la chaleur des spots...), petits arrangements avec le réel : "Il faut augmenter le thermostat dramatique !", "Ouais, on va ajouter du romanesque, du rythme !". La sociologue retrace la trajectoire de Clémentine, jeune scénariste évoluant au sein de cette sphère. Sous la forme d’une bande dessinée, nous suivons Clémentine qui, un jour, décide d’aller observer "de l’intérieur" les conditions de tournage de la série qu’elle participe à produire. Elle se fait alors passer pour une figurante, le temps d’un épisode. Elle découvre avec stupéfaction "un décalage entre ses attentes et les contraintes effectives". Une scène qu’elle avait imaginée "spectaculaire " est simplifiée et écourtée, "tournée au rabais" faute de moyens (matériels, financiers...). Une autre scène, "pourtant cruciale pour le développement de l’intrigue", est modifiée faute de temps. Clémentine assiste, consternée, à une scène sentimentale curieusement remaniée : "AH NON ! Regardez ! Ils lui font manger un pauvre sandwitch au pâté dans ma belle scène romantique !", ... "Ha, ha, c’est vrai que c’est bizarre !". Pour "simplifier les plannings", les réalisateurs limitent la durée des essayages vestimentaires, des séances maquillage, coiffure, ou encore réduisent l’apport des jolis objets destinés à valoriser le décor. Les enfants n’ont pas leur place sur le plateau de tournage : "Les enfants ont été éradiqués de la série, c’est trop chiant niveau horaires"... Ainsi, les réalisateurs (trop) souvent peu scrupuleux, n’hésitent pas à modifier les scripts "pour qu’ils soient réalisables dans les conditions qu’impose la production". Les dialoguistes, présents sur le tournage, critiquent ouvertement les scénaristes qui, comme Clémentine, ont pour ambition de "raconter la réalité telle qu’elle est", de "faire vrai" : "les séquences sont trop didactiques... Bon sang, va falloir les rendre plus vivantes !", "les scénaristes devraient être des dealers qui rendent les gens dépendants !". C’est une immense désillusion pour Clémentine, notre jeune scénariste.

J’ai apprécié cet album dont la lecture (instructive) plonge le lecteur au milieu de la machinerie du feuilleton télé. Cet ouvrage n’est pas une adaptation littérale, ni une illustration anecdotique mais une fiction ancrée dans les réalités du "soap opéra" qui passionne tant les français. De l’écriture au tournage, la sociologue nous présente les différentes étapes de la chaîne de production ; étapes méconnues du grand public et pourtant tout à fait intéressantes. La diffusion quotidienne d’un épisode nécessite une organisation sans faille.
L’étude de Muriel Mille permet au lecteur de comprendre que la série télé est une construction sociale : parler de faits de société, s’identifier aux personnages... mais aussi produire à moindre coût.

Alexandre


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Turbulences est un album signé Baptiste Virot (dessinateur), à partir d’une enquête sociologique de Anne Lambert (docteur en Sociologie), et publié dans la collection Sociorama aux Editions Casterman (avril 2016). L’ouvrage est issu des recherches menées par la sociologue, intitulées "Travailleurs en grande mobilité".
Dans l’album étudié (Turbulences), l’auteure se focalise sur le même thème, celui de la mobilité des travailleurs au sein d’une compagnie aérienne française, Air Fonce. Anne Lambert nous emmène dans les coulisses de cette compagnie, à bord des appareils, au plus près des équipages, et tente de comprendre les dessous de ce milieu jugé "prestigieux", "glamour". Pilote de ligne, steward, hôtesse, les métiers du transport aérien ont longtemps fait rêver. Pourtant, derrière les sourires commerciaux, calmes et sereins, se cachent stéréotypes, machisme, inégalités, conflits collectifs...
(Toute ressemblance avec une grande compagnie aérienne française est bien sûr purement fortuite !)

Turbulences est une immersion originale, concrète, dans un univers professionnel (qui a fait récemment l’actualité), celui du transport aérien. L’ouvrage de Anne Lambert constitue une incursion dans cet univers en apparence si séduisant. A travers un scénario original, la sociologue dresse le portrait des membres d’un équipage lors d’un vol long courrier (Paris-São Paulo) et décrit avec précision le travail effectué dans les airs, son rythme soutenu, la fatigue, les rapports hiérarchiques, les relations sexuées, et montre qu’il existe une vraie frontière séparant cockpit et cabines. Avec l’accroissement de la concurrence, le quotidien de la profession est souvent difficile, voire éprouvant. Stress, dépressions, maladies professionnelles, augmentation des rotations et pressions en tous genres : "Quand je rentre de rotation, je suis un vrai zombie !", "j’arrive plus à tenir ce rythme de malade", "Ça commence à être dur de suivre !", "merde, j’ai grossi ! Ils vont me saouler à la visite médicale", "les pilotes ne doivent apparaître ni faibles, ni malades... Ils sont invincibles ! Sinon, ils sont déclarés inaptes à voler !"...
Sous la forme d’une bande dessinée, nous suivons Martin, 52 ans, pilote - Sylvie, 40 ans, hôtesse de l’air - Marion, 32 ans, chercheuse, passagère phobique de l’avion. La sociologue Anne Lambert décrit pas à pas la journée de ces trois personnages, depuis leur réveil, en passant par les différentes étapes de leur voyage, jusqu’à leur arrivée à São Paulo. L’auteure dépeint les conditions de travail du personnel navigant (leur rôle, leur place...) ainsi que le fonctionnement et l’organisation de la compagnie Air Fonce. Elle souligne la hiérarchisation sociale et sexuée, très marquée dans ce milieu professionnel, depuis les uniformes des membres de l’équipage (différents selon le grade), jusqu’à la répartition des activités et des espaces impartis aux uns et aux autres. "Les rapports sociaux de classes et de sexes structurent l’univers aéroportuaire". Les pilotes (majoritairement masculins) sont les seuls maîtres à bord et, en cas de problème, prennent les décisions en dernier ressort. Quel que soit leur grade, les hôtesses et les stewards ont un statut de subordonné. Ils n’entrent dans le cockpit que pour apporter les plateaux repas, les cafés et s’assurer que le commandant de bord et le copilote ne manquent de rien. L’auteure analyse aussi ,avec justesse, les difficultés propres aux femmes comme la difficile conciliation avec une vie conjugale, "je peux te dire que quand je rentre de rotation, la libido elle est bien anesthésiée !" et familiale, "ça commence à être dur de suivre avec les gosses"... La sociologue dépeint également les inégalités de considération entre les hommes et les femmes pilotes. Les femmes pilotes de ligne se battent pour la reconnaissance de leur statut, de leur qualité, de leur compétence, "Elles investissent leur rôle et leurs activités avec davantage de zèle que les hommes". Et, comme dans tous les métiers "masculins", elles font face à de nombreux comportements et remarques sexistes, le plus souvent sous forme de plaisanteries salaces.
La socialisation professionnelle est donc au coeur de cet ouvrage.

J’ai apprécié cette BD humoristique révélant la face cachée d’une compagnie aérienne. La mise en scène du dessinateur Baptiste Virot donne vie aux personnages (caricaturaux) et à leurs expériences de l’avion en tant que pilote, steward, hôtesse ou passager. Nous découvrons avec étonnement l’envers du décor, méconnu du grand public, et pourtant digne d’intérêt. C’est un ouvrage instructif, révélateur des problèmes existants au sein des entreprises actuelles.
Un éclairages très particulier qui modifie notre regard sur ce monde social, qui, in situ, n’est pas si séduisant que cela !